Obsession de la propreté et de l'imperfection, les TOC les plus fréquents

Mieux comprendre le TOC Obsession de la propreté et de l'imperfection, les TOC les plus fréquents

Quand on parle de TOC, la première image qui vient à l'esprit est celle de personnes passant un temps fou à nettoyer de fond en comble leur domicile (ce que la plupart d'entre nous ne fait qu'à l'occasion du grand ménage de printemps) ou alors de personnes qui vérifient un nombre incalculable de fois que le gaz est bien fermé, les prises débranchées, la porte et les fenêtres verrouillées, etc.

Mais il faut bien ajouter que c'est aussi l'image véhiculée par les médias. D'ailleurs, pour le Dr Chapelle, cette médiatisation est bénéfique puisqu'elle "permet à des personnes touchées ou à des proches de mettre un nom sur leur souffrance et surtout, de comprendre qu'ils peuvent y faire quelque chose puisque cette maladie, comme tant d'autres, se soigne".

Il existe plusieurs catégories de TOC. "Ceux que l'on retrouve le plus souvent chez les patients sont l'obsession de propreté et celle de l'imperfection", précise le Dr Chapelle.  

Par ailleurs, il convient de distinguer obsession et compulsion, l'obsession correspond aux pensées angoissantes qui assaillent le malade tandis que la compulsion est l'expression de cette obsession.

Ainsi, une personne qui est obsédée par la saleté et la contamination par les germes aura une compulsion de lavage. L'obsession de l'erreur et de l'imperfection se traduira par une compulsion de vérification (en ce qui concerne le gaz, la poignée de la porte, les fenêtres, etc.).

On classe donc les TOC en fonction de l'obsession :

 Les obsessions phobiques : l'obsession la plus fréquente est la peur d'être sali ou infecté par des microbes. Le rituel correspondant est un nettoyage et un lavage excessifs.

 Les obsessions d'erreur : c'est la crainte permanente et obsédante d'avoir oublié de faire quelque chose et/ou de l'avoir mal fait. La compulsion s'exprime par une vérification systématique et excessive (fermer la porte, la fenêtre, le gaz, etc.).

 Les obsessions d'impulsivité : les personnes touchées ont peur de commettre un acte malveillant, voire criminel, de façon non intentionnelle. "La personne se dit par exemple que si elle pense à un malheur, il va se produire. Pour "conjurer" le sort, un rituel de pensées ou de phrases magiques permettent d'apaiser cette angoisse", explique le psychiatre.

 Les obsessions de collection : ici, la personne va chercher à entasser et accumuler des objets sans valeur particulière mais surtout, sans le plaisir propre au collectionneur.

Une triple origine pour les TOC : génétique, biologique et environnementale

Psy-dépendances

Mieux comprendre le TOCUne triple origine pour les TOC : génétique, biologique et environnementale

Yamina Saïdj, 23/06/09 16:02JournalDesFemmes.com

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Vous vous dites que votre mère, à force de toujours tout ranger impeccablement, va finir par développer un TOC ?

Hé bien, a priori non, cela ne se passe pas vraiment comme cela.

En effet, bien qu'elles ne soient pas exactement déterminées, les causes des TOC seraient triples :

 Une origine génétique : Une vulnérabilité génétique est suspectée et actuellement à l'étude.

 Une origine biologique : "Il a été montré que les patients souffrant de TOC auraient des zones du cerveau déficientes en neurotransmetteurs, notamment en sérotonine. C'est pour cela que les médicaments prescrits ont pour objectif de pallier ce manque sérotoninergique", précise le Dr Chapelle.

 Une origine environnementale ou psychologique : "Ca ne veut pas forcément dire qu'une éducation stricte ou que des parents particulièrement portés sur la propreté par exemple auront des enfants qui souffriront de TOC, nuance-t-il. Par contre, un environnement anxiogène de manière générale peut contribuer à renforcer une tendance au TOC déjà présente." L'environnement en question peut être social, familial ou bien encore professionnel.  

"En revanche, ce que nous savons, souligne le psychiatre, c'est qu'il y a une zone du cerveau que l'on pense être associée à l'expression du TOC.

Ce sont les différents travaux et études réalisés sur les tumeurs cérébrales qui ont permis de déterminer, par hasard, comme bien souvent en médecine, qu'il y avait certaines zones associées aux TOC. Aujourd'hui, nous sommes arrivés à un consensus sur une origine neurophysiologique partielle des TOC. En fait, lors d'un traitement expérimental par électro-stimulation d'un malade atteint de la maladie de Parkinson, qui se trouvait également être touché par un TOC, on s'est aperçu que le traitement avait supprimé le TOC de ce patient. On en a déduit qu'il existe une zone proche de celle atteinte par Parkinson, qui est impliquée dans l'expression des TOC."

De grandes incidences sur la vie du malade
A priori, on pourrait penser qu'outre le fait de nettoyer un peu plus son appart ement que la moyenne ou de vérifier un peu mieux que tout le monde que tout est bien fermé, le TOC n'est finalement pas bien grave.

Même si ça n'est pas non plus gravissime à proprement parler, dans la mesure où le pronostic vital n'est pas remis en cause, le TOC est une affection particulièrement handicapante au quotidien.

Imaginez que vous deviez passer 4 heures par jour à vous laver les mains ou ne plus pouvoir serrer la main des gens, de peur qu'ils ne vous refilent quelque saleté. Christophe Demonfaucon vice-président de l'Association française de personnes souffrant de troubles obsessionnels et compulsifs, confie que "dans certains cas, les personnes peuvent aller jusqu'à casser la poignée de la porte pour vérifier qu'elle est résistante".  

Les TOC apparaissent souvent à l'adolescence

L'impact des TOC sur la vie des malades est considérable, que ce soit chez les enfants ou les adultes. Parce que le TOC n'est pas l'apanage des adultes, au contraire : bien souvent, celui-ci se développe avant 25 ans : soit dans l'enfance (vers 7/8 ans) soit, le plus souvent, à l'adolescence (vers 12/13 ans).  

"De nombreux patients viennent consulter vers 18/19 ans, ce qui leur permet d'obtenir de bons résultats avec les traitements, explique le Dr Chapelle. Comme dans bien d'autres cas, plus la prise en charge est précoce, meilleurs seront les résultats."

Parce que plus la prise en charge est tardive, plus le TOC sera difficile à éradiquer, du moins à atténuer. Par ailleurs, le TOC provoque des dommages collatéraux non-négligeables, notamment pour les enfants.  

"S'il n'y a pas prise de conscience de la part de l'entourage et du malade lui-même de son trouble et de la nécessité de se soigner, le patient entre dans une sorte de déni, avertit Christophe Demonfaucon. Et la conséquence directe de cette attitude est qu'il aura des difficultés à suivre le traitement. Sans oublier que si le TOC est sévère, il peut avoir des répercussions importantes sur la vie de l'enfant, notamment sur la scolarité, les résultats de l'enfant étant dans ce cas-là en baisse significative. Par ailleurs, il peut être extrêmement fatigué parce qu'il peut lui arriver de se réveiller la nuit pour satisfaire ses compulsions."

Dans la vie professionnelle, les répercussions sont importantes aussi, dans la mesure le TOC peut prendre énormément de temps au malade, temps qui ne pourra être consacré au travail. Et plus l'environnement est anxiogène, plus le TOC a tendance à prendre de l'importance. Un véritable cercle vicieux en somme.
Troubles dépressifs et/ou bipolaires souvent associés

S'il n'est pas traité, le TOC peut conduire le patient à une véritable dépression, et parfois aussi à développer un trouble bipolaire. "Ainsi, précise Frédéric Chapelle, il peut arriver que le patient arrive vers nous pour traiter sa dépression, elle-même provoquée par des TOC trop envahissants.

Dans ces cas-là, il faut en premier lieu traiter le trouble associé, dépression et/ou les troubles bipolaires, pour ensuite traiter le TOC. La proportion de personnes atteintes de TOC qui développent une autre pathologie est particulièrement élevée : une personne sur 2 souffrant de TOC présente des troubles dépressifs associés." 

L'influence de l'environnement anxiogène

Même si la personne est tout à fait consciente du caractère dérisoire et même ridicule de son TOC, elle ne peut pas s'en empêcher. En effet, le cerveau finit par attendre la compulsion, le rituel, pour mettre fin aux angoisses générées par les obsessions.

Et lorsque le malade n'arrive pas à accomplir sa compulsion, il entre dans une sorte de crise très impressionnante et difficile à vivre, tant pour lui que pour son entourage.

Petit à petit, le malade développe une honte de son obsession, pouvant donc aller jusqu'au développement de troubles dépressifs. Par ailleurs, il faut garder à l'esprit qu'un environnement, qu'il soit familial, social ou professionnel, anxiogène ne pourra que contribuer à rendre le TOC encore plus intense et à renforcer les symptômes dépressifs associés.
L'attitude idéale ? Consulter au plus vite
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On ne peut qu'imaginer à quel point le quotidien peut devenir difficile avec, à ses côtés, une personne qui souffre d'un TOC, quel qu'il soit. 

Comment réagir lorsqu'un des proches est atteint d'un TOC ? Quelle attitude adopter ? La question est légitime car il est délicat de savoir s'il faut en parler ouvertement ou alors entrer dans une espèce de déni. Christophe Demonfaucon nous livre son regard sur la question, en s'attachant à se concentrer sur les enfants, dans la mesure où la plupart des TOC se développent avant l'âge de 25 ans.

Prendre les choses en main rapidement

"Généralement, les enfants qui sont touchés arrivent à bien dissimuler leur TOC parce qu'ils ont conscience que ça n'est pas bien. Mais un jour ou l'autre, les parents s'en aperçoivent et, quand c'est le cas, il y a plusieurs types de réactions possibles :

 Il y a ceux qui prennent directement les choses en main et qui se renseignent très rapidement, qui cherchent à tout prix à soigner leur enfant, conscients que c'est un véritable trouble qu'il faut trai au plus vite.

 Il y a ceux qui prennent le parti de dire que ça n'est qu'un caprice d'enfant, que ça va changer. Ils essayent de se débrouiller et de redresser par eux-mêmes ce travers de leur enfant.

 Enfin, il y a ceux qui son très inquiets pour leur enfant et qui aménagent leur lieu de vie, leur emploi du temps, pour satisfaire aux exigences des TOC de leur enfant. Le problème avec ce genre d'attitude, c'est qu'elle renforce son TOC. Il va rentrer dans une sorte de déni et il ne prend donc pas conscience de la nécessité de se soigner. La conséquence directe de cette attitude est qu'il aura des difficultés à suivre le traitement. 
Il faut également noter que lorsque la personne n'arrive pas à satisfaire sa compulsion, elle peut entrer dans une crise, toujours difficile à vivre pour les proches. D'où l'attitude de vouloir tout faire pour éviter les crises, et donc, aménager l'environnement pour que l'enfant puisse toujours satisfaire sa compulsion.

Ainsi, les deux dernières attitudes sont déconseillées, l'idéal étant de pouvoir prendre rapidement conscience de la situationet d'emmener consulter l'enfant au plus vite, ne serait-ce que pour qu'il se rende compte de son trouble. Sans oublier que si le TOC est sévère, il peut avoir des répercussions importantes sur la scolarité de l'enfant et donc sur son avenir."
Si le malade est généralement bel et bien conscient que ses obsessions et compulsions ne sont pas "normales" et même dérisoires, ça n'est pas pour autant qu'il ira pour autant consulter un professionnel pour se soigner. Mais alors, qu'est-ce qui pousse généralement les patients à consulter un professionnel ?

Frédéric Chapelle répond à cette question : "Plusieurs cas de figures peuvent se présenter :  

 Quand le TOC se développe assez tôt dans l'enfance, il fait partie intégrante de la personnalité du patient. Lui et éventuellement sa famille apprennent à vivre avec."

Comme le soulignait précédemment Christophe Demonfaucon, la famille peut avoir plusieurs attitudes et celle d'accepter le TOC de son enfant et de ne pas vouloir le traiter (que ce soit en se disant que ça n'est qu'un caprice ou alors en aménageant tout de façon à laisser libre-cours à l'expression de ce TOC) est totalement déconseillée. "C'est souvent quand il sera confronté aux difficultés d'insertion dans la vie professionnelle qu'il se décidera à consulter, souligne le Dr Chapelle. Parfois aussi, ce sont les proches, complètement exaspérés et fatigués, qui poussent le malade à consulter.

 Lorsque le TOC se développe plus tard, à l'adolescence et que les proches, aussi bien que le patient, se rendent compte de la nécessité de traiter ce trouble. Là, il y a consultation avant que le TOC ne pose trop de problèmes et entrave la réussite scolaire et professionnelle. Dans ce cas, le traitement a toutes les chances de bien fonctionner.

 Par ailleurs, la consultation peut également se faire à des moments charnières de l'existence. Par exemple lorsque les enfants grandissent et se rendent compte des troubles de leurs parents par exemple ou alors quand les enfants sont obligés de sortir du cocon familial et de s'insérer dans la vie professionnelle.

 Enfin, avec la médiatisation de cette maladie,les gens en entendent parler et peuvent mettre un nom sur leurs souffrances et savent que ce n'est pas une fatalité et qu'ils peuvent y remédier.

Généralement, la première étape consiste à en parler avec son médecin généraliste, qui orientera dans un second temps vers un spécialiste, psychologue ou psychiatre. 

Dans certains cas très rares, de petites tumeurs cérébrales peuvent être masquées par des TOC, il est donc essentiel de voir s'il n'y a pas d'autres symptômes associés.
Psychothérapies et antidépresseurs contre les TOC
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Le TOC n'est pas une fatalité, il est tout à fait possible de le traiter, en dépit de ce que nombre de malades peuvent penser.

Les traitements des TOC comportent généralement soit un volet médicamenteux, soit une psychothérapie, soit les deux associés. Tout dépend de l'intensité et de la sévérité des symptômes.

Si le trouble est "jeune" et que la personne est volontaire, une simple psychothérapie (de 6 mois à 1 an) peut très bien fonctionner.

A l'inverse, un patient qui vit avec son TOC depuis plus de 10 ans sera plus difficile à traiter. "Par ailleurs, nous pouvons avoir à faire à des patients récalcitrants aux psychothérapies, souligne le Dr Chapelle. Dans ces cas-là, je les invite à se renseigner par eux-mêmes à travers la lecture d'ouvrages sur le sujet, en leur donnant les coordonnées d'associations de patients, de manière à ce qu'ils puissent se faire leur propre opinion en connaissance de cause.

Néanmoins, utilisés seuls, les médicaments peuvent très bien marcher, on obtient de bons résultats."

Deux types d'antidépresseurs utilisés

Généralement, les antidépresseurs sont les principaux médicaments utilisés et ils seraient efficaces dans la plupart des cas. Cela ne signifie pas pour autant que le TOC est  "guéri" mais au moins que les symptômes ont diminué en intensité.

Deux types d'antidépresseurs sont utilisés : certains inhibiteurs de la capture de sérotonine (la déficience en concentration sérotoninergique dans la transmission nerveuse serait une des causes des TOC) et un antidépresseur imipraminique.

 "Le dosage des médicaments peut être particulièrement élevé mais c'est pour le bénéfice du patient avant tout, précise Frédéric Chapelle. Il ne faut pas non plus que le patient s'attende à guérir en 15 jours comme c'est le cas avec les antibiotiques. Là, il faut que le traitement soit suivi scrupuleusement durant 2 mois au minimum. De manière générale, on établit le rapport bénéfice/risque pour savoir quel est le traitement le mieux adapté au patient."
Selon l'envie du patient et l'avis du médecin, une partie du traitement peut comportement une thérapie comportementale et cognitive. Cette forme de psychothérapie est largement utilisée dans le traitement de troubles psychologiques comme la dépression, les phobies, les troubles bipolaires, etc.

Néanmoins, il convient de bien distinguer les thérapies comportementales des thérapies cognitives.

Les premières se composent de petits exercices pratiques que le patient doit s'appliquer à faire au quotidien. "Exercices que nous déterminons avec le patient, note le Dr Chapelle. On commence par essayer l'exercice en question dans le cabinet, pour s'assurer de sa faisabilité. Par exemple, pour une personne qui souffre d'un TOC de vérification, l'exercice peut consister à partir de chez soi en ne vérifiant pas plus d'une fois que la porte est bien fermée. C'est une situation très anxiogène pour le patient, évidemment, sauf que si ça marche, il se rend compte que son anxiété diminue petit à petit jusqu'à totalement disparaître. On demande donc au patient d'accepter son angoisse, de ne rien faire pour la faire taire. On cherche à lui montrer qu'il peut tout à fait la surmonter. Si ça marche, ça va le rassurer et ça va lui permettre de reprendre confiance en lui. Séance après séance, on va tenter d'augmenter graduellement la difficulté de ces exercices, toujours avec l'accord du patient. La volonté est ici un vecteur incontournable de la réussite du traitement."

Quant aux thérapies cognitives, elles ciblent plus volontiers les mécanismes de pensée à l'origine des obsessions et des compulsions.  

Un relativement faible taux d'échec des traitements

"Ici, note le président de l'Association française des thérapies comportementales et cognitives, on travaille plus volontiers sur les pensées qui viennent et sur les conclusions qu'en tirent les malades. Le principe est de leur faire comprendre que leurs considérations sont erronées et qu'ils doivent apprendre à réviser leurs raisonnements. On essaye de les remettre dans la réalité et on travaille dur sur les mécanismes de pensée.

Quel que soit le type de thérapie, on retrouve la plupart du temps le ratio suivant : 20 % des personnes totalement guéries de leur TOC, 20 % chez qui aucune amélioration n'est observée et 60% chez qui on constate une nette amélioration, suffisante pour que le TOC n'altère plus notablement le quotidien. Par exemple, un des mes patients a réussi à diminuer de moitié le temps qu'il accordait chaque jour à son TOC, passant de 4 h à 2 h."

 

Psy-dépendances

Mieux comprendre le TOCLa stimulation cérébrale, une technique d'avenir ?

Yamina Saïdj, 23/06/09 16:02JournalDesFemmes.com

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Hélas, il y a des patients dont les TOC sont particulièrement récalcitrants et pour qui aucun traitement ne fonctionne. Or, il existe une méthode qui en est encore au stade expérimental et qui, si elle s'avère efficace, pourrait être salvatrice pour les 20 % de patients qui ne connaissent pas d'amélioration significative après traitement. Pour Frédéric Chapelle, "c'est une technique d'avenir dont on attend beaucoup et qui pour l'instant en est encore au stade expérimental. En France, cela fait 3 ans que l'on teste cette méthode et on tente d'en tirer le rapport bénéfice/risque pour savoir s'il faut ou pas la généraliser."

Cette méthode, c'est la stimulation électrique cérébrale. Lors d'un traitement expérimental par électro-stimulation d'un malade atteint de la maladie de Parkinson, qui se trouvait également être touché par un TOC, ce dernier avait disparu suite aux stimulations. En 2006, un groupe coordonné par l'équipe "Behavior, Emotion and Basal Ganglia", du Dr Mallet, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, publie dans le New England Journal of Medicine les résultats d'un essai portant sur 16 patients souffrant de TOC sévères. Chez certains d'entre eux, les stimulations électriques cérébrales ont réussi à faire totalement disparaître le TOC.

Un pacemaker pour le cerveau

En pratique, cette méthode consiste à implanter deux électrodes sur une zone bien précise du cerveau. Elles sont reliées à un stimulateur implanté sous la peau. C'est en quelque sorte un pacemaker qui délivre en continu un courant électrique destiné à contrer les signaux anormaux émis par le cerveau. Et donc, la stimulation électrique de la zone que l'on pense incriminée permet de favoriser la sécrétion de sérotonine, qui est déficiente chez les personnes souffrant de TOC.Cette méthode est déjà utilisée dans le traitement de la maladie de Parkinson.

Pour l'instant, elle est testée sur des personnes dont les TOC sont résistants et qui sont malades depuis plusieurs années. "Mais je ne crois pas que cette technique permettra à elle seule de résoudre tous les problèmes du patient, tempère Frédéric Chapelle.  

La technique reste à affiner, notamment en tentant de déterminer avec le plus de précision possible la ou les zones du cerveau impliquées. Et c'est très difficile parce qu'en pratique, on ne peut le savoir qu'a posteriori.

Et il ne faut pas oublier que l'intervention chirurgicale est très lourde et n'est pas dénuée de risques, comme toute intervention. Hémorragies cérébrales et infections sont les deux principaux risques liés à l'intervention. Après, en termes d'efficacité, on ne peut rien conclure pour l'instant. Parfois, cela fonctionne à merveille et le patient est littéralement métamorphosé et libéré de ses souffrances. D'autres fois, cela ne fonctionne pas du tout."

Ainsi, même si les premiers résultats semblent prometteurs, de nombreuses interrogations restent en suspens, notamment sur la zone ciblée, sur le réel bénéfice pour les patients, sur la viabilité sur le long terme, etc.

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