Les femmes de plus en plus victimes d'infarctus

Les femmes de 35 à 54 ans paient désormais les conséquences de leur consommation accrue de tabac, de l'obésité et du diabète.

Les principaux facteurs de risque d'infarctus sont le tabagisme, l'excès de graisse dans le sang, l'hypertension artérielle, le diabète et l'obésité abdominale.Les principaux facteurs de risque d'infarctus sont le tabagisme, l'excès de graisse dans le sang, l'hypertension artérielle, le diabète et l'obésité abdominale.
En 2008, 56 100 personnes ont été hospitalisées pour infarctus du myocarde en France : 37 200 hommes et 18 900 femmes, selon les chiffres publiés mardi matin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). À âge égal, les hommes sont davantage touchés, mais une étude menée entre 2002 et 2008 par une équipe de l'Institut de veille sanitaire, de la Cnam et de l'hôpital Pompidou indique de nouvelles tendances.

 

Au cours de cette période, le nombre global de personnes hospitalisées pour infarctus du myocarde a baissé de 7,4 %. Une baisse qui concerne essentiellement les hommes de moins de 65 ans, ainsi que les femmes et les hommes au-delà de cet âge. A contrario, le taux d'hospitalisation pour les mêmes raisons a augmenté chez les femmes de 35 à 54 ans. En 2008, la proportion de patients hospitalisés de moins de 65 ans était de 40,5 %, celle des 65-84 ans de 44,5 % et celle des patients plus âgés de 15 %. L'âge moyen s'élevait à 68,2 ans, mais il était plus bas pour les hommes que pour les femmes (64,5 contre 75,5 ans). La moitié des patients de sexe masculin avaient moins de 65 ans et 8,1 % avaient 85 ans ou plus, alors que pour les femmes, ces proportions étaient respectivement de 20,3 % et 28,5 %.

Réduction de la mortalité

La tendance à la baisse des hospitalisations s'accompagne d'une réduction de la mortalité coronaire, en France, comme dans de nombreux pays. Les chercheurs l'attribuent à la réduction de la survenue des infarctus du myocarde autant qu'à celle de leur létalité, du fait de l'amélioration de la prévention et des traitements. En France, les données du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm-CépiDc) montrent une importante décroissance depuis le début des années 2000 : à tranche d'âge équivalente (taux standardisés), la mortalité liée à l'infarctus du myocarde a atteint 44 % entre 1990 et 2000 contre 30 % entre 2000 et 2008.
Mais les infarctus restent une cause importante de morbidité et de mortalité : 38 072 décès leur ont été attribués en 2008, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité après les cancers "de la plèvre, de la trachée, du larynx ou des poumons", selon le BEH. Un nombre qui semble même sous-estimé par les statistiques nationales des causes de décès, en raison des nombreux cas de morts subites pour lesquels l'origine coronaire n'est pas connue des médecins certificateurs.

Facteurs à risque

Concernant les décès hospitaliers lors du premier séjour, ils s'élevaient à 8 % en moyenne en 2008 (contre 10,5 % en 2002), mais avec une augmentation proportionnelle à l'âge des patients. Les auteurs précisent que "dans chaque classe d'âge, la létalité intra-hospitalière était plus élevée dans la population féminine". Enfin, entre 2002 et 2008, la mortalité globale a diminué de 23 %, avec une réduction dans toutes les classes d'âge, à l'exception des moins de 55 ans, qui avaient d'emblée une létalité très faible.

Les auteurs rappellent, pour finir, l'étude Interheart, réalisée dans 52 pays et qui a analysé les facteurs de risque modifiables des primo-infarctus. Selon ses résultats, les principaux facteurs de risque étaient le tabagisme, l'excès de graisse dans le sang, l'hypertension artérielle, le diabète, l'obésité abdominale et des facteurs psychosociaux, comme la dépression ou le stress. À l'opposé, trois facteurs sont protecteurs : la consommation quotidienne de fruits ou de légumes, une consommation modérée d'alcool et l'activité physique régulière. Chez les plus jeunes, le tabagisme, les dyslipidémies, l'hypertension artérielle et le diabète représentaient un risque plus élevé. Enfin, la proportion de cas attribuables à l'obésité abdominale était particulièrement élevée dans les pays d'Europe de l'Ouest. Autant d'éléments sur lesquels il est possible d'agir.

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