Cancer du larynx

Description
Le larynx, parfois appelé la boîte vocale ou la pomme d'Adam, est la partie du corps qui permet aux humains de produire sons et parole.
Le larynx renferme les cordes vocales (glotte) qui vibrent au passage de l'air. L'épiglotte est un recouvrement cartilagineux qui se trouve au-dessus du larynx. L'épiglotte protège les voies respiratoires en empêchant la nourriture et la salive de pénétrer dans la trachée, tube qui mène aux poumons.
Le cancer du larynx peut se produire au niveau de la glotte (le site de la plupart des cancers du larynx), dans la région supraglottique (la partie au-dessus des cordes vocales qui comprend l'épiglotte) ou la région sous-glottique (la partie où le larynx rencontre la trachée).

Le cancer du larynx est plus fréquent chez les hommes, bien que son incidence chez les femmes soit en hausse à cause du nombre croissant de fumeuses.

Causes

Bien qu'on ignore la cause exacte de ce cancer, certains facteurs de risque sont connus :
  • le tabagisme : le risque de cancer du larynx augmente jusqu'à 30 fois chez les fumeurs. Le risque s'accroît avec le nombre de cigarettes fumées. La fumée secondaire est également considérée comme un danger.
  • l'alcool : les grands buveurs font plus que doubler leur risque de développer un cancer du larynx. La combinaison du tabagisme et de l'alcoolisme peut augmenter encore davantage ce risque comparativement à quelqu'un qui ne possède qu'un seul de ces facteurs de risque.
  • le reflux gastro-œsophagien (RGO) : dans le RGO, le contenu acide de l'estomac est refoulé dans l'œsophage provoquant des brûlures douloureuses. Bien que cette association ne soit pas définitivement prouvée, les chercheurs ont montré que l'irritation associée à un RGO de longue date est associée à une augmentation du risque de cancer du larynx.
  • une mauvaise nutrition : beaucoup de personnes alcooliques ont aussi de mauvaises habitudes alimentaires ; selon les recherches, la carence en vitamines pourrait être un facteur de risque.
  • le virus papillomavirus humain (VPH) : le virus qui cause des lésions sur les muqueuses génitales (condylomes), peut aussi être à l'origine de lésions cancéreuses. Les mères peuvent transmettre le virus à leurs enfants lors de la naissance. Le virus se fixe au larynx et entraîne plus tard la formation de tumeurs appelées papillomes laryngiens, qui peuvent devenir des lésions cancéreuses.
  • la race : le cancer du larynx est deux fois plus fréquent chez les personnes d'origine africaine que chez les personnes de race blanche.
  • le sexe : le cancer du larynx est diagnostiqué plus souvent chez les hommes.
  • l'âge : ce cancer est diagnostiqué habituellement chez les personnes de 50 à 75 ans.
  • un affaiblissement du système immunitaire : les personnes dont le système immunitaire est affaibli, à cause de maladies comme le SIDA ou de médicaments qui réduisent l'immunité vis-à-vis des virus, sont plus susceptibles de développer un cancer du larynx.
  • une exposition aux substances toxiques : l'exposition à la sciure de bois, à l'amiante, et à diverses substances chimiques peut augmenter les risques de cancer.
  • des excès vocaux : les personnes qui utilisent souvent leur voix, comme les chanteurs, peuvent développer des polypes (excroissances) qui peuvent devenir cancéreux s'ils ne sont pas enlevés.
Symptômes et Complications
Les symptômes dépendent de l'emplacement de la tumeur dans le larynx. Le cancer situé au niveau des cordes vocales peut être décelé assez tôt à cause du principal symptôme qu'il provoque, à savoir l'enrouement. La plupart des gens ont un enrouement de la voix à l'occasion, mais si l'enrouement persiste pendant plus de deux semaines, il serait temps de consulter le médecin.
Voici les symptômes indiquant que le cancer se développe ou qu'il s'est propagé dans une autre partie du larynx :
  • une toux persistante ;
  • un mal de gorge persistant ;
  • des difficultés respiratoires, ou l'impression que quelque chose accroche dans la gorge ;
  • une douleur dans l'oreille (une douleur dans la partie profonde de la gorge peut irradier dans l'oreille) ;
  • une masse ou une tumeur dans le cou ou la gorge ;
  • une toux avec crachement de sang.
Le cancer du larynx peut entraîner les complications suivantes :
une obstruction des voies respiratoires : la présence d'une tumeur ou d'une enflure dans les voies respiratoires peut bloquer ces conduits et rendre la respiration difficile. Si le traitement du cancer exige l'ablation totale du larynx, on doit recourir à une trachéostomie (une ouverture pratiquée de manière chirurgicale dans la trachée) pour maintenir la respiration.
une défiguration : l'extraction de la tumeur et des tissus avoisinants pourrait laisser une certaine déformation de la gorge et du cou. On peut enlever des muscles lors de l'opération, ce qui peut rendre le mouvement du cou plus difficile. Dans le cas d'une trachéostomie, l'ouverture (stomate) pratiquée dans la gorge est généralement permanente.
des difficultés pour manger : après la chirurgie, les patients peuvent avoir de la difficulté à avaler les aliments d'une certaine consistance. Les patients subissant une radiothérapie peuvent éprouver de la difficulté à déglutir ou même à mâcher. La chimiothérapie peut provoquer des nausées et des vomissements. Comme une alimentation saine est essentielle pour se rétablir d'un cancer, il est important que le patient maintienne une nutrition adéquate pendant toute la durée du traitement.
la propagation du cancer : le cancer peut envahir d'autres parties du corps.
une perte de la voix : si le traitement comporte l'ablation du larynx, le patient ne peut plus parler normalement. Il doit alors apprendre d'autres façons de parler, notamment :
  • la voix oesophagienne : c'est la méthode de base pour remplacer la voix normale, où le patient avale de l'air et l'expulse ensuite en créant des sons.
  • la prothèse trachéoœsophagienne : une petite valve à sens unique est mise en place entre la trachée et l'œsophage. En inhalant par le stomate de l'air jusque dans les poumons, puis en recouvrant le stomate (ouverture pratiquée lors de la trachéostomie), des sons peuvent être produits au travers de la bouche.
  • l'électrolarynx : ce dispositif électronique produit une voix mécanique lorsqu'il est tenu près de la peau de la gorge ou du coin de la bouche. Les mouvements musculaires stimulent la production des sons par l'appareil.
Pendant la rééducation vocale par l'une de ces méthodes, le patient aura besoin d'autres moyens de communication, comme une « ardoise magique » ou un bloc-notes et un crayon. Il est important de se préparer pour éviter toute frustration après la chirurgie.

Diagnostic

Si le médecin soupçonne un cancer, il commencera par interroger le patient sur ses antécédents médicaux, y compris le tabagisme et la consommation d'alcool. Il est important de mentionner la consommation ou l'exposition antérieure même si ce n'est plus le cas à présent. Après un examen physique, le médecin pourra demander les examens suivants :
  • une laryngoscopie : examen utilisant un tube flexible (fibroscope) pour vérifier la présence de tumeurs ou de polypes dans le larynx, la bouche, la langue, et le cou ;
  • une tomodensitométrie : technique d'imagerie qui permet aux médecins de voir des anomalies dans le cou ;
  • une imagerie par résonance magnétique (IMR) : autre technique de visualisation qui permet de déceler des anomalies dans le cou ;
  • une radiographie pulmonaire : examen radiologique pour vérifier si la tumeur a atteint les poumons ;
  • une biopsie : examen qui consiste à prélever un échantillon de tissu d'une tumeur pour détecter des signes de cancer. Le prélèvement se fait dans le cadre d'une endoscopie sous anesthésie générale, ou au moyen d'une fine aiguille qu'on introduit dans le cou (on peut utiliser une anesthésie locale ou générale pour rendre l'intervention plus confortable).
Le diagnostic comprend aussi la stadification du cancer, pour déterminer à quel point il a progressé :
  • stade 0 : le cancer n'a pas encore envahi les tissus, et il sera possible de l'enlever des cordes vocales sans atteinte du tissu environnant ;
  • stades 1 et 2 : le cancer a envahi le tissu local, mais il reste dans la région de l'organisme où il est apparu ;
  • stades 3 et 4 : le cancer s'est propagé au-delà des tissus environnants (métastase) et a probablement atteint les ganglions lymphatiques proches ou même des endroits plus lointains, ailleurs dans l'organisme ;
  • récurrent : le cancer est réapparu après le traitement initial.
  • Traitement et Prévention

    Comme dans la plupart des cas de cancers, on dispose de trois méthodes pour traiter le cancer du larynx : la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, utilisées seules ou en combinaison. Le choix de la méthode de traitement dépend de l'avancée du cancer (son stade) et de l'endroit où il se situe exactement.
    Le cancer du larynx aux premiers stades peut souvent être traité uniquement au moyen de la seule radiothérapie. Cette dernière est la méthode préférée lorsque les conditions le permettent, car elle n'altère pas la qualité de la voix et ses effets secondaires sont généralement temporaires. Les effets secondaires de la radiothérapie peuvent comprendre :
    • une sensibilité de la bouche et des gencives,
    • des ulcérations dans la bouche,
    • une sécheresse de la bouche,
    • des maux de gorge,
    • des changements de la voix,
    • une rougeur et une sécheresse de la peau,
    • une perte ou une altération du goût ou de l'odorat.
    Lors de la chirurgie, on peut enlever tout le larynx et ses tissus environnants ou seulement une partie du larynx, selon le degré d'envahissement du cancer.
    Dans le cas d'une ablation partielle du larynx (laryngectomie partielle), les patients pourront souvent manger et respirer comme ils le faisaient avant l'opération, une fois la cicatrisation achevée. Ils auront probablement une trachéostomie temporaire (ouverture dans la gorge) en attendant que la gorge se remette de l'opération. Ensuite, le stomate sera fermé et le patient respirera normalement. Sa voix peut changer mais il conservera la parole.
    Dans le cas d'une laryngectomie totale, la boîte vocale est entièrement enlevée, et les patients doivent conserver une trachéostomie permanente pour respirer.
    Enfin, la chimiothérapie peut être nécessaire si le cancer s'est propagé ailleurs. On a recours à la chimiothérapie pour « sensibiliser » la région aux rayons X dans le cas de tumeurs avancées, mais qui restent potentiellement curables. Comme les médicaments de la chimiothérapie circulent partout dans le corps, un plus grand nombre de systèmes ou d'organes sont touchés par le traitement. Parmi les effets secondaires de la chimiothérapie, on retrouve :
    • de la nausée et des vomissements,
    • une perte de cheveux,
    • de la fatigue,
    • de la diarrhée,
    • une ulcération de la bouche,
    • un risque accru d'infections.
    Pour les cancers du larynx détectés à leurs débuts, la survie à cinq ans est observée dans 80 % des cas. La plupart des récidives se produisent dans les 2 ou 3 ans suivant le traitement. Au cours de la première année, le patient doit se soumettre à un examen de suivi mensuel ; ensuite, les visites se font à quelques mois d'intervalle. Malheureusement, comme les facteurs de risque qui ont provoqué la première tumeur peuvent causer d'autres lésions, le risque de développer une nouvelle tumeur maligne, souvent dans la tête, le cou ou les poumons, peut atteindre 25 %.
    Beaucoup de facteurs de risque sont connus pour cette forme de cancer, les plus courants étant le tabagisme et la consommation importante d'alcool. En les évitant, on pourrait prévenir de nombreux cas de cancer du larynx.
    Voici d'autres façons de réduire le risque :
    • utiliser un appareil respiratoire lorsqu'on se trouve dans une zone industrielle pour éviter d'inhaler des substances chimiques cancérigènes ;
    • obtenir un traitement pour le reflux gastro-œsophagien ;
    • adopter une alimentation saine et équilibrée.

Comments